Les troubles émotionnels et comportementaux
Les problèmes émotionnels et comportementaux consécutifs à une lésion cérébrale, tout en étant parfois sous-estimés et complexes à évaluer, sont pourtant fréquents.
Dans le registre des troubles internalisés peuvent apparaître, par exemple, de la dépression, de l’anxiété, une humeur changeante, de l’apathie, de la distorsion de la réalité ou encore des symptômes de stress post-traumatique.
Dans le registre des troubles externalisés, on retrouve de l’agressivité, un manque d’empathie, une inadéquation sociale (désinhibition), des abus de substances, de l’hypersexualité ou encore des achats compulsifs.
L’interaction des différents troubles cognitifs et la présence de troubles spécifiques des émotions et du comportement vont donner lieu à un comportement global souvent déroutant voire inadapté. On observe généralement deux grandes tendances, soit un registre d’hypoactivité, soit un registre d’hyperactivité.
Les 2 grandes tendances
Hypoactivité globale
La personne est passive, présente une réduction de son activité ou/et de son intérêt, exprime peu de besoins et présente une certaine indifférence émotionnelle. Rien ne la motive, mais rien ne l’ennuie non plus. Elle s’engage peu ou pas d’elle-même dans une activité surtout si celle-ci n’est pas immédiate et nécessite une planification complexe. On note une tendance à rester sur des schémas/activités familiers.
Hyperactivité globale
À l’inverse, la personne peut manifester une expansion de l’humeur. Elle se montre impulsive et très peu consciente de ses difficultés. On note une labilité émotionnelle et une sensibilité accrue à la frustration. La personne peut également présenter un manque de distance sociale, des paroles ou des gestes inappropriés, une tendance à la familiarité excessive et éprouve des difficultés à respecter les règles sociales et l’opinion d’autrui.
Troubles émotionnels et comportementaux consécutifs aux lésions cérébrales
Il est important de signaler que ces deux tendances peuvent coexister chez une même personne. Ces difficultés peuvent lui donner un air vraiment bizarre qui sera rarement compris comme étant la conséquence d’une lésion cérébrale, mais interprété comme un trait de caractère, de manque de motivation ou de respect, ou de fainéantise.
La manière dont la personne peut adapter ses émotions et ses comportements doit être considérée à la lumière d’autres facteurs tels des éléments personnels relationnels, contextuels ou environnementaux.
Outre les divers problèmes émotionnels et comportementaux évoqués ci-dessus et directement liés à la lésion (symptômes primaires), il convient également d’évoquer les problèmes émotionnels associés à la réaction psychologique de la personne (symptômes secondaires). Ils peuvent se traduire par de la dépression, de l’anxiété, de l’anxiété sociale, une baisse d’estime de soi, des problèmes d’identité, des problèmes de motivation, une modification de la représentation de soi, d’autrui et du monde, avec le développement de croyances dysfonctionnelles, du déni, un sentiment de perte de contrôle et d’auto-efficacité, de la stigmatisation, de l’agressivité…
Selon le moment d’apparition, certaines réactions émotionnelles ou comportementales seront adaptatives ou contre-productives : par exemple, dénier ses séquelles à l’annonce d’un diagnostic permet à court terme de lutter contre une réaction dépressive, mais à long terme pourrait entraîner des difficultés d’adaptation ou induire des comportements à risque.
Les diverses modifications émotionnelles et comportementales consécutives aux lésions cérébrales peuvent avoir un impact non négligeable sur la qualité de vie des personnes et dans les relations qu’elles entretiennent avec leurs proches.
Les autres séquelles possibles
Fonctions physiques
Fonctions cognitives
L’objectif du service ?
Accompagner les professionnels pour qu’ils puissent adapter leurs pratiques et offrir un soutien de qualité, respectueux des capacités et des limites des personnes cérébrolésées.
